Note d’intention

«  Il y a peu de temps, un journaliste demandait à Woody Allen s’il ne se lassait pas de ne parler que d’histoires d’amour dans ses films. Celui-ci a répondu : « Tout n’est toujours qu’histoire d’amour. Shakespeare, déjà, à l’époque, tentait de dépeindre l’amour. Il le faisait d’ailleurs bien mieux que moi. ».  Je ne prétends ni être Woody Allen, ni Shakespeare, mais j’ai été, tout comme ils l’ont été, intriguée, captivée, attendrie et amusée par l’amour, ses conséquences et tous les scénarii qui en découlent.

Chaque histoire d’amour se ressemble, selon moi, et pourtant, si l’on interroge un couple dans son bonheur, ou dans son malheur, il se sent unique. Il ne se rend pas compte que ce qu’il ressent a déjà été maintes fois éprouvé. Il existe pourtant autant de manière d’aborder le sujet qu’il existe d’individus.

De par ma propre histoire et ce que j’ai pu observer chez les autres, il incarne le centre de nos univers. Je ne dis pas que seule l’histoire d’amour donne un sens à nos vies, mais je pense qu’elle la transcende. L’amour existant ou inexistant au sein de notre famille, de notre couple, de nos amitiés, de nos religions, philosophies, nations… Cet amour engendre des drames épiques ou anodins. Qu’un pays pleure ou qu’une femme pleure, j’estime que l’histoire mérite d’être racontée.

Certains ont choisi la tragédie. D’autres, la comédie. Je ne savais pas, au départ, où je devais me situer. Car d’après mes observations, la vie à deux est à la fois empreinte de rires et de larmes, de cruauté et de tendresse. Elle est yin et yang. Et je ne saurai me résoudre à la caricaturer ou à la dépeindre d’une couleur monochrome. Je veux qu’elle soit impressionniste et expressionniste, chaude et pastel. C’est pourquoi je préfère la qualifier de tragi-comédie moderne.

La pièce au cœur d’un constat

« Entre 2 étages » prend appui sur une histoire banale dans notre société actuelle. Des rapports indiquent chaque année, une progression du nombre de personnes célibataires. La solitude côtoie la démesure quasi-grotesque du nombre fictif d’amis acquis via les réseaux sociaux type Facebook. La communication existe mais elle est  dénaturée et tronquée. Le face à face direct devient presque anecdotique. On se rencontre sur la toile, on rompt par texto.

Cependant, on a constaté récemment un regain d’intérêt pour le mariage. Malheureusement, comme tout va de plus en plus vite, la précipitation à la rencontre ou au mariage conduit plus souvent au divorce. Je dis « malheureusement », mais peut-être faut-il y voir une nouvelle façon de concevoir la notion de couple… ?

Peut-être devons nous admettre qu’on ne rencontre plus « l’amour de sa vie » mais bien « l’amour d’une vie », tout en admettant qu’on vit de nombreuses vies en une ? Mais bien entendu, ce n’est qu’une hypothèse…

Il existe un autre phénomène notable dans notre société. Il s’agit de l’émancipation des femmes.  Cette évolution aurait entraîné une sorte de déséquilibre au sein du couple, et, pour beaucoup, le nouvel équilibre n’a pas encore été trouvé. Je précise « pour beaucoup » puisque j’ai eu la chance de rencontrer des êtres s’aimant dans l’harmonie et l’équilibre parfait de leurs parts respectives féminines et masculines. A dire vrai, j’en ai rencontré peu…

Dans « Entre 2 étages », je me suis amusée à nuancer les personnages de Laura et Daniel. Ils sont à la fois homme et femme, forts et sensibles, durs et tendres. Ils sont loin d’avoir trouvé cet équilibre décrit plus haut, mais on comprend qu’avec le temps, ces deux êtres en seraient capables.

Incarnant la « tragi-comédie » des histoires d’amour contemporaines, la pièce propose toutefois une solution : pour être heureux, il suffit juste de le vouloir. Et c’est en communiquant que nos deux protagonistes avancent. La communication est une arme redoutable dans l’affront, mais également la plus belle façon de régler des conflits.

Humour cynique ou naïf, mots grinçants ou nécessaires, tout y passe, car avant tout, la parole reste le moteur de la relation. Et c’est grâce à elle, que Laura et Daniel pourront se reconnaître et…renaître ».

Note d’intention, Ambre Kuropatwa